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PEINTURE SUR SOIE

Toutes les réalisations présentées sont uniques, créées, dessinées et peintes à la main dans mon atelier du Val d'Oise. Des soies 100 % naturelles de différents tissages, peintes avec des couleurs permanentes. Pour chaque pièce, un traitement fixe les pigments de manière définitive pour redonner à la soie tout son éclat et garantir un motif durable.

La démarche - Préserver notre savoir-faire local

Pour mettre en avant la production artisanale française et pour partager autour de l'iconographie végétale: j'ai décidé de me consacrer à mes passions et de vivre de mes créations. Les pièces que je réalise mélangent mes goûts pour le dessin, la peinture et les motifs. Je cherche à apporter des objets faits avec passion et avec un sens profond.

Peinture sur soie représentant une composition florale, réalisée à la main.

Alors que la fast fashion bat son plein, se lancer dans la création textile semblait un pari risqué. Il me tenait pourtant à cœur de travailler de manière responsable, afin de proposer des pièces uniques, conçues avec soin et exigence.

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Après des études d’art, j’ai vécu et voyagé en Asie, où j’ai découvert des procédés de peinture textile ainsi que la richesse des motifs ornementaux et de leur symbolique. Je me suis spécialisée dans le dessin naturaliste à l’encre, où la lumière et les volumes se construisent par un travail minutieux de hachures croisées, à la manière des anciennes gravures botaniques. De fil en aiguille, cette pratique m’a naturellement menée vers la peinture sur soie, pour sa capacité à révéler les volumes et les jeux de lumière.

Chaque peinture est entièrement réalisée à la main. Ainsi, chaque pièce devient une œuvre à part entière, empreinte d’un patrimoine et d’un savoir-faire exigeant.

La soie est d’abord tendue sur châssis, puis peinte selon différentes techniques, parmi lesquelles la gutta demeure ma favorite. Son rendu graphique et expressif peut évoquer un vitrail ou une estampe, grâce à ses plages de couleur cernées d’un trait régulier. Après un temps de séchage, les couleurs sont fixées par étuvage, à la vapeur. La soie est ensuite lavée avec précaution, repassée, puis travaillée selon l’objet souhaité (abat-jour, kakemono ou accessoire).

Les motifs - Observation végétale

La Nature est ma première source d'inspiration, j'y puise pour chaque création. Je représente plantes, fleurs et oiseaux avec un regard naturaliste, fidèle à leurs formes, à leurs couleurs et à leurs détails. Chaque motif est pour moi l’occasion d’en explorer l’histoire : symbolique de leur représentation dans l’art ou culturelle, en France comme au Japon. J’aime également transmettre ce qu’elles portent en elles : vertus médicinales, significations culturelles ou messages saisonniers, afin que chaque création devienne un lien vivant entre esthétique, mémoire et savoir.

Ci-dessus : création d'une planche d'observation sur l'Ancolie dessinée à l'encre / photographie du détail d'une plante dans les rues de Kyoto de nuit / création d'un tracé pour un motif sur soie "Pivoines".

LES RÉALISATIONS

Le Yūzen 友禅 - Naissance d'une pratique artistique en Asie

La peinture sur soie trouve ses origines en Asie. Sa production complexe est longtemps restée l’apanage de la Chine et du Japon, où elle a transformé le kimono en un objet précieux, une œuvre d'art codifiée et ciselée de savoir-faire. 

 

Si la culture de la soie est attestée au Japon depuis l’Antiquité, la peinture sur soie comme art décoratif ne se développe pleinement qu'à partir du XVIIᵉ siècle. Durant l’époque d’Edo (1603–1867), les ateliers japonais produisent déjà des textiles réputés, mais il faut attendre l’ère Meiji (1868–1912) et le développement de la soie de mûrier produite localement pour que celle-ci connaisse un essor considérable.

Le travail de la soie prend un tournant historique à Kyoto, à la fin du XVIIᵉ siècleDe nouvelles techniques sont inventées par le peintre Yuzensai Miyazaki, qui cherche à transposer son regard de peintre sur la surface du kimono. Ses innovations gagnent rapidement en popularité, établissant les fondements de ce qui deviendra un art célèbre portant son nom : le Yūzen.

Le Yūzen est une technique complexe et précise, exigeant patience et minutie. Elle implique plusieurs étapes : l’esquisse, la coloration, la fixation et la peinture à la main des détails. Cette méthode permet d’obtenir des résultats proches de la peinture sur papier : détaillés et nuancés.

Pour cela, les artisans esquissent d'abord le motif, puis le cernent délicatement à l’aide d’une pâte de riz pour empêcher les couleurs de fuser. Cette fine ligne agit comme une barrière invisible: elle retient la couleur, empêche sa diffusion, et préserve les contours. Le motif est alors peint avec des colorants vibrants, appliqués en superpositions et en dégradés subtils.

Une fois les couleurs appliquées et fixées: le lavage fait disparaître la pâte de riz, révélant les tracés laissés en réserve dans la blancheur originelle du tissu. Enfin, le motif peut ensuite être délicatement brodé de fils d’or et de soie. ​

Ces techniques sont encore pratiquées et se répartissent en trois grandes écoles de Yūzen, chacune protégeant sa tradition.

  • Le Kyō-Yūzen 京友禅 (Kyoto), caractérisé par une richesse décorative et des compositions raffinées. Les motifs sont complexes et souvent construits en superpositions de nuances, entre peinture et teinture.

  • Le Kaga-Yūzen 加賀友禅 (préfecture d’Ishikawa), se distingue en particulier par son style végétal faisant principalement appel à des fleurs et des plantes décrites de manière réaliste, par l’usage des “cinq couleurs de Kaga”: indigo, ocre, vert, violet et rouge profond - ainsi qu’à ses dégradés subtils et ses feuilles délicatement « grignotées », apportant une touche naturaliste.

  • L'Edo-Yūzen 江戸友禅 (Tokyo), plus sobre, privilégiant une élégance discrète et le minimalisme.

Du XVIIIᵉ au XIXᵉ, la technique s’affine et se transmet. Chaque génération d’artisans y apporte sa sensibilité, tout en conservant les bases instaurées au XVIIᵉ. Aujourd’hui encore les trois écoles perpétuent ces savoir-faire. La soie permet d'offrir au kimono broderies et jacquards, ainsi que des teintures luxueuses élaborées à la main. On la retrouve aussi dans la confection d’accessoires. Elle incarne un équilibre entre tradition et sensibilité contemporaine, où l'exigence du geste reste centrale.

La soie - La route de la soie mène Lyon

Si l’Asie demeure longtemps l’unique terre de production de la soie, la sériciculture se diffuse progressivement : d’abord en Sicile, puis en France à partir du XVe et XVIe. Sous décision royale, la France cherche à réduire sa dépendance aux importations et accorde à Lyon dès le XVIᵉ, le monopole de la production de soie. Alors que le Yūzen naît au Japon, la cité de Lyon devient la capitale européenne de la soierie.​

​À l’image des grandes cités italiennes, Lyon s’impose comme un centre majeur du commerce textile. Les ateliers développent des étoffes d’une grande richesse décorative, destinées aux cours européennes et deviennent ainsi un nouveau support d'expression artistique. La culture du mûrier est encouragée dans le sud de la France. Des millions d’arbres sont plantés afin d’assurer l’approvisionnement en soie. Des milliers d’ouvriers, les Canuts, participent à cette industrie florissante qui, au XVIIᵉ, fait vivre une large part de la population. Au XIXᵉ, l’invention du métier Jacquard marque un tournant décisif. La mécanisation permet une complexité accrue des motifs et une diffusion plus large des textiles.

La soie connaît un essor considérable, mais elle est également confrontée aux crises. Des maladies impactent la culture de la soie et l’industrialisation croissante de l’Asie favorise les importations. La production s’industrialise progressivement, tandis que la soie artificielle, mise au point à la fin du XIXᵉ siècle, concurrence la fibre naturelle. Au XXᵉ siècle, l’apparition de fibres synthétiques comme le nylon termine de précipiter le déclin de la sériciculture européenne.

 

Aujourd’hui, la production mondiale de soie est majoritairement asiatique. En France, elle subsiste à une échelle plus confidentielle, portée par des ateliers et des entreprises perpétuant un savoir-faire d’excellence. Peinte, brodée, tissée en jacquard, la soie demeure un support d’expression artistique. Symbole de douceur, de lumière et de raffinement, elle conserve une forte dimension patrimoniale et continue d’incarner un art du textile où le geste artisanal reste central.

À l’écart des productions industrielles, la peinture sur soie subsiste comme un art discret, transmis avec exigence et passion.

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